Les rorquals communs sont-ils à la merci du menu du jour?

Un projet de recherche mené au début des années 2000 avait levé le voile sur les patrons de distribution des rorquals communs en fonction de la biomasse de krill dans l’estuaire. Il a été observé que plus le krill est abondant dans l’estuaire, plus les rorquals communs sont dispersés et qu’à l’inverse, moins le krill est abondant, plus les rorquals communs sont regroupés . Cette étude avançait l’hypothèse que dans les années de faible abondance de krill, les rorquals communs se rabattaient probablement sur une autre proie : le capelan. Est-ce que cette hypothèse est vraie?

Rorquals communs

  • Rorqual commun en alimentation de surface
  • Crédit photo : © GREMM

Pour percer le miroir

Entre 1998 et 2004, des biopsies ont été prélevées sur 71 rorquals communs dans l’estuaire du Saint-Laurent. De plus, 14 proies potentielles de cette espèce ont été récoltées et leurs signatures en isotopes ont été analysées. Parallèlement, des études sur l’abondance du krill et les patrons de distribution des rorquals communs ont été conduites sur une période de 10 ans.

En bref

Il a été établi que le capelan et que l’espèce de krill Thysanoessa sp. avaient des signatures en isotopes bien distinctes représentant un niveau trophique différent dans la chaîne alimentaire. On pourrait donc aisément distinguer dans les tissus des rorquals communs une alimentation riche en capelans d’une alimentation riche en krill.

Les biopsies de rorquals communs ayant été prélevés entre 1998 et 2004 couvrent une période de faible abondance en krill. L’hypothèse prévoit donc que les rorquals communs auraient eu une alimentation riche en capelans. Cependant, les résultats des analyses d’isotopes sur ces biopsies ne permettent pas de confirmer hors de tout doute que le régime alimentaire des rorquals communs était constitué essentiellement de capelan. Les échantillons reflètent peut-être l’alimentation des rorquals communs avant qu’ils arrivent dans l’estuaire. Peut-être aussi que leur régime alimentaire était composé d’autres proies comme le lançon ou les copépodes. Les rorquals communs se font rares dans l’estuaire depuis 2000, et ce changement reflète probablement des changements chez leurs proies. L’enquête se poursuit!

Un projet de

Véronique Lesage, Institut Maurice-Lamontagne (Pêches et Océans Canada), Robert Michaud et Janie Giard , GREMM.

Partenaires

Le Parc marin du Saguenay—Saint-Laurent, Pêches et Océans Canada, GREMM

 

Dernière mise à jour: 2005