Les rorquals communs de la Nouvelle-Écosse et du Saint-Laurent sont-ils les mêmes?

Les rorquals communs ont beau être présents presque partout dans l’Atlantique Nord, leurs déplacements et la structure de leurs populations sont peu connus. L’été, des rorquals communs de l’Atlantique Nord-Ouest sont fréquemment observés dans le golfe du Maine, dans la baie de Fundy, dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent et près de la Nouvelle-Écosse. Les mêmes individus voyagent-ils d’un secteur à l’autre?

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  • Groupe de rorquals communs
  • Crédit photo: © GREMM

Pour percer le miroir

Durant l’été 1997, une année où les rorquals communs étaient particulièrement abondants au large d’Halifax, 57 individus ont été photo-identifiés à partir d’une embarcation de croisières. Ces animaux ont été comparés avec les individus composant les différents catalogues de rorquals communs de l’Atlantique Nord-Ouest.

En bref

Des 57 rorquals communs identifiés au large d’Halifax, neuf avaient déjà été photographiés dans la portion Nord du golfe du Maine et dans la baie de Fundy et trois avaient été photographiés dans le golfe du Saint-Laurent. Parmi ces trois individus, l’un avait aussi été photographié dans l’estuaire du Saint-Laurent. Un individu a été apparié à la fois dans le catalogue du golfe du Maine et dans celui du golfe du Saint-Laurent.

Les rorquals communs étaient exceptionnellement abondants près d’Halifax en 1997, ce qui s’expliquerait par l’abondance de proies. En effet, on a rapporté que le hareng, le lançon et les euphausiacés étaient particulièrement abondants dans ce secteur cette année-là. La même année, les observations de rorquals communs dans l’estuaire du Saint-Laurent se sont faites rares. Cette étude suggèrerait donc qu’à l’été 1997, certains rorquals communs qui fréquentaient habituellement l’estuaire du Saint-Laurent auraient plutôt choisi de tirer profit de l’abondance de proies au large de la Nouvelle-Écosse et d’y rester. Il semble que les déplacements des rorquals communs de l’Atlantique Nord pourraient être plus variables qu’on ne le croyait.

Un projet de

Amanda Coakes1, Shannon Gowans2, Peter Simard3, Janie Giard4, Courtney Vashro5 et Richard Sears6

1. Dalhousie University 2. Eckerd College 3. Blind Bay Cetacean Studies 4. GREMM 5. Allied Whale 5. Station de recherche des Îles Mingan (MICS)


Références bibliographiques

AGLER, B. A., J. A. BEARD, R. S. BOWMAN, H. D. CORBETT, S. W. FROCHOCK, M. P. HOWVERMALE, S. K. KATONA, S. S. SADOVE and I. E. SEIPT. 1990. Fin whale (Balaenoptera physalus) photographic identification: methodology and preliminary results from the western North Atlantic. Reports of the International Whaling Commission (special issue) 12:349-356.

COAKES, A., S. GOWANS, P. SIAMRD, J. GIARD, C. VASHRO and R. SEARS. 2005. Photographic identification of fin whales (Balaenoptera physalus) off the Atlantic coast of Nova Scotia, Canada. Marine Mammal Science, 21(2):323–326

EDDS, P. L. and J. A. F. MACFARLANE. 1987. Occurrence and general behaviour of balaenopterid cetaceans summering in the St. Lawrence Estuary, Canada. Canadian Journal of Zoology 65:1363-1376.

GIARD, J., S. THOMPSON, C. FOLEY et R. MICHAUD. 2001. Les rorquals communs de l’estuaire du Saint-Laurent ; un catalogue des individus identifiés entre 1986 et 2000. Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins. 79 p.

KINGSLEY, M. C. S. and R. R. REEVES. 1998. Aerial surveys of cetaceans in the Gulf of St. Lawrence in 1995 and 1996. Canadian Journal of Zoology 76:1529-1550.

 

Dernière mise à jour: 2005