Les grands rorquals de l’estuaire peuvent-ils nous dire où ils sont?

L’estuaire du Saint-Laurent est une zone où convergent pendant l’été bon nombre de baleines qui viennent s’alimenter et des milliers de touristes qui partent à leur rencontre. Peut-on se servir des sons pour décrire les habitats critiques du rorqual commun, une espèce visée par l’industrie d’observation, et du rorqual bleu, une espèce en voie de disparition?

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  • Rorqual à bosse devant plusieurs bateaux dans l’estuaire du Saint-Laurent
  • Crédit photo : © GREMM

Pour percer le miroir

Ce projet, lancé en 2002, utilise l’acoustique passive, c’est-à-dire des hydrophones, pour enregistrer les sons émis par les baleines en plus des autres sons du Saint-Laurent (ceux émis par les navires par exemple). Certains de ces enregistrements ont été effectués à partir de bateaux. D’autres enregistrements ont été effectués depuis 2002, de façon plus intensive à l’aide de nouveaux instruments d’enregistrement autonomes, appelés AURAL M1, développés à la Chaire de Pêches et Océans Canada en acoustique marine appliquée aux ressources et à l’écosystème à l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER) de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR). A partir d’un réseau d’hydrophones, on peut déterminer la position de la source de ces sons. Les chercheurs observent aussi la position des baleines et des navires à partir de la côte pour comparer ce qui est enregistré par les hydrophones et ce qui est observé.

En bref

Au fil des années, une grande variété et quantité de sons ont été enregistrées, particulièrement dans le secteur du parc marin du Saguenay—Saint-Laurent: vocalisations de plusieurs espèces de baleines, notamment de rorquals bleus, rorquals communs, petits rorquals et de bélugas; enregistrements de bruits de bateaux de toutes sortes, zodiacs, bateaux d’excursion, navires de recherche, navires cargo; enregistrements du bruit causé par le vent et la vague. À partir de ces données, différentes études sur l’environnement sonore de l’estuaire du Saint-Laurent et sur les baleines seront réalisées à l’ISMER. On veut entre autres décrire l’utilisation que font les grands rorquals de leurs habitats critiques par des enregistrements faits en continu, 24 heures sur 24 pendant de longues périodes.

Un projet de

Yvan Simard,de l’Institut Maurice-Lamontagne (IML) et Directeur de la Chaire de Pêches et Océans Canada en acoustique marine appliquée aux ressources et à l’écosystème à Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER) de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), Nathalie Roy, IML, Flore Samaran et Catherine Bédard, étudiantes M.Sc. à l’ISMER et UQAR.

 

Dernière mise à jour: 2010