La reproduction

Comment les baleines font-elles ÇA?

Les cétacés vivent dans l’eau, mais ce sont bien des mammifères. Le jeune se développe dans l’utérus de la mère et est nourrit directement par le placenta pour ensuite, après la naissance, se nourrir du lait maternel. Bref, à quelques différences près, les baleines font ça… comme nous!

Le physique de l’emploi

Chez la plupart des espèces, la seule façon sûre de différencier les sexes visuellement est d’examiner les fentes génitales. Chez la femelle, elle est située à la base du ventre. On y trouve l’ouverture du vagin, tout près de l’anus. De chaque côté de cette fente, il y a un repli de peau qui cache une mamelle. Chez le mâle, on trouve une fente génitale dans laquelle se rétracte le pénis. Elle se situe à mi-chemin entre l’anus et le nombril. Les organes reproducteurs sont donc cachés à l’intérieur du corps: les baleines ont une forme fuselée qui leur permet de glisser dans l’eau; imaginez maintenant le résultat si les « bijoux de famille » n’étaient pas si bien « rangés » à l’intérieur de la fente génitale…

Prélude côté cour

Avant que les deux acteurs n’entrent en scène, une compétition intense peut avoir lieu entre les mâles d’une même espèce. Parfois, cette compétition prend la forme de combats agressifs. C’est le cas des rorquals à bosse. Une autre stratégie consiste à produire la plus grande quantité de sperme possible pour accroître ses chances de féconder la femelle. C’est ce que fait le marsouin commun, ce qui explique que, pendant le rut, les testicules du mâle atteignent un poids combiné de plus de 2 kg… Pas mal pour un animal qui en pèse moins de 60! Un homme équipé dans les mêmes proportions aurait des testicules de plus de 3 kg. La femelle a aussi son mot à dire : si elle n’est pas disposée à copuler, elle pourra se tourner de façon à exposer sa fente génitale hors de l’eau, donc hors d’atteinte. La femelle peut aussi tenter de s’échapper ou encore carrément devenir agressive envers un mâle trop insistant qui ne rencontrerait pas ses critères.

En toute intimité

Il est rare d’observer des accouplements en milieu naturel, ou même en captivité. D’après ces observations, l’accouplement peut se faire ventre contre ventre ou tourné de côté. Le pénis en érection peut être dirigé à l’aide de muscles, un peu comme s’il était muni d’une tête chercheuse. Durant la copulation, le vagin reçoit l’organe mâle et par le fait même le sperme. L’ovule de la femelle est alors, avec un peu de chance, fertilisé.

  • Ébats sexuels de bélugas
  • Crédit : © GREMM

Le miracle de la vie

Le petit se développe dans l’utérus de la mère qui le nourrit par l’intermédiaire du placenta. La gestation dure généralement entre 10 et 12 mois, ou même 16 chez certaines espèces. La naissance se fait le plus souvent queue première. Il est possible, mais très rare, que la femelle ait des jumeaux. Les besoins énergétiques du nouveau-né sont très grands et la femelle peut difficilement fournir le nécessaire pour deux. À sa naissance, un baleineau de rorqual à bosse aura déjà atteint le tiers de la longueur de sa mère et la vingtième de son poids. C’est semblable aux proportions d’un nouveau-né humain. Par contre, chez le dauphin à flancs blancs de l’Atlantique, le nouveau-né est beaucoup plus gros: la moitié de la longueur de l’adulte et le sixième de son poids! Le petit peut dès sa naissance nager, venir respirer en surface, émettre des sons et boire le lait de sa mère. C’est la femelle qui prend soin du jeune.

  • Naissance du béluga Tiqa à l’Aquarium de Vancouver, 2009
  • Crédit : © Vancouver Aquarium

Petite baleine deviendra grande

Le jeune grandit rapidement grâce au lait très riche de sa mère: 20 à 40 % de gras, selon l’espèce! Le rejeton rorqual bleu, par exemple, engraisse ainsi de 80 kg par jour. Il quitte sa mère une fois sevré, sept mois plus tard… et 17 tonnes plus lourd! Par contre, chez beaucoup de baleines à dent, le lien entre la mère et son jeune se prolonge au-delà de l’allaitement. Chez certaines populations d’épaulards, les jeunes passeront même toute leur vie auprès de leur mère, dans une unité familiale d’où le père est absent.

Et l’histoire recommence!

Une femelle peut avoir un jeune tous les deux ou trois ans environ, parfois même tous les ans, comme dans le cas du marsouin commun. L’âge auquel les jeunes cétacés pourront à leur tour se reproduire varie d’une espèce à l’autre. Chez le rorqual bleu, l’âge de la maturité sexuelle est d’environ 5 ans, aussi bien pour le mâle que pour la femelle. Le cachalot mâle, lui, devra attendre plus de 20 ans avant de tenter sa chance au jeu de la vie.

 

Dernière mise à jour: mai 2013