Trou

Tiré du bulletin Portrait de baleines, 19 août 2016

Trou est un rorqual commun femelle qui tient son nom peu poétique de la protubérance derrière son évent, sur son flanc gauche, qui ressemble un peu au cratère d’un volcan. Cette marque est sa signature qui la rend facilement reconnaissable. D’autres caractéristiques moins évidentes permettent aussi de reconnaître cet individu: un chevron très pâle comparé aux autres rorquals commun, une dépression en avant de la nageoire dorsale qui brise la ligne continue de son dos, et deux encoches discrètes sur sa nageoire dorsale assez courbée.

La semaine dernière, des groupes de rorquals communs au large de l’île Verte s’alimentaient. On ne les observe pas régulièrement dans cette zone. Ces animaux étaient vraisemblablement attirés par l’abondance de nourriture, du lançon selon les études de l’équipe de Parcs Canada. On sait que les baleines viennent pour s’alimenter dans les eaux froides du fleuve. Qu’en est-il des proies des baleines cette année? L’équipe de conservation du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent (PMSSL) rapporte un début de saison intense avec des bancs de poissons très denses dans le secteur du phare Haut-fond Prince en mai et juin. Entre fin juillet et début aout, ils ont pu répertorier du krill pour la première fois de la saison. Cela correspond exactement aux observations de rorquals bleus, qui se nourrissent quasi exclusivement de cette proie! C’était principalement du krill arctique, l’une des deux espèces de krill que l’on peut trouver dans l’estuaire Saint-Laurent, et il se trouvait à moins de 40 m de la surface. Très peu de krill a été observé depuis deux ans dans le parc marin. Une mission acoustique, menée par Dr Yvan Simard (MPO-IML et ISMER) a lieu à bord de l’Alliance, dans le fjord du Saguenay, jusqu’au 26 août. L’étude va nous permettre de connaitre la propagation des sons dans ce secteur.

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La fiche signalétique du rorqual commun


 

Tiré du bulletin Portrait de baleines, 21 août 2014

Une énorme dépression entourée d’une boursoufflure, située à l’arrière de l’évent sur le côté gauche, lui vaut ce surnom. Sur le côté droit, des caractéristiques moins spectaculaires servent aussi à l’identifier: une nageoire dorsale assez courbée avec deux encoches très discrètes; une dépression en avant de la nageoire dorsale brise la ligne continue de son dos. Trou n’a pas de chevron contrasté, comme la plupart des rorquals communs.

Cette année, elle a été vue pour la première fois par l’équipe du GREMM le 11 juin. Après s’être éclipsée du parc marin quelque temps, elle a réapparu le 11 août.

Trou est qualifiée résidante saisonnière de l’estuaire, car elle a été vue pendant plus de trois quarts des années depuis la première observation en 1994.

On a vu Trou accompagnée d’un veau en 2006 et en 2009, mais on ne peut pas établir qu’elle a un lien de parenté avec eux. Cet intervalle de trois ans correspond pourtant bien au temps minimal qui s’écoule entre chaque naissance chez les rorquals communs. Après une gestation de 11 à 12 mois, les baleineaux naissent entre novembre et janvier. Le nouveau-né pèse près de 2 t et mesure plus de 6 m. Il est allaité par sa mère pendant 6 à 7 mois. Une fois sevré, le jeune recherche parfois la compagnie d’un adulte, mais pas forcément celle de sa mère.

Les rorquals communs de l’Atlantique Nord – dont font partie les individus fréquentant le Saint-Laurent – partent pour des eaux tempérées pour se reproduire en hiver. Leurs aires de mise bas, certainement situées plus au sud dans l’océan, sont mal connues, ainsi que leurs déplacements migratoires. Ces animaux solitaires forment des associations en paire ou en groupe de manière temporaire. Dans les années 1980 et 1990, des groupes de plusieurs dizaines de rorquals communs (jusqu’à 40 individus) ont été observés dans l’estuaire.

Le GREMM gère le catalogue des rorquals communs de l’estuaire depuis 1986 dans lequel figure une centaine d’individus. Les rorquals communs identifiés dans le golfe, quelque 450 individus, sont regroupés dans le catalogue du MICS depuis 1980. Au Canada, le statut de conservation du rorqual commun est « préoccupant ».


 

Tiré du bulletin Portrait de baleines,15 août 2013

Rorqual commun au nom évocateur, quoique bien peu poétique, Trou se reconnaît facilement à l’énorme dépression et boursoufflure qu’elle a derrière la tête, du côté gauche. Plus discrète du côté droit, elle est tout de même identifiable, surtout en photo, par deux légères encoches sur le bord de fuite de sa nageoire dorsale, l’une tout en haut et l’autre à la base.

Trou est une femelle, comme l’a révélé une biopsie. Fidèle au parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, elle est répertoriée depuis 1994. Cette année, elle est régulièrement photographiée dans le secteur depuis le 16 juillet.

L’identification des rorquals communs révèle le visage des baleines et permet de raconter leurs histoires individuelles : une valeur ajoutée quand on observe ces animaux! C’est aussi un outil scientifique de choix pour assurer le suivi de ce troupeau qui a permis l’épanouissement d’une industrie touristique basée sur l’observation des baleines dans la région. Ce travail a mis en lumière l’importance du parc marin comme destination pour l’alimentation des baleines, avec un troupeau d’animaux fidèles qui reviennent année après année pour y séjourner plusieurs semaines. La photo-identification, pratiquée de façon systématique, permet de caractériser le patron de résidence des animaux et de générer des indices d’abondance comparables d’une année à l’autre. Un milieu unique, un milieu en changement, un milieu à comprendre pour en prendre soin de façon responsable : c’est pour ces raisons que le Fonds Éco-Baleine, auquel contribue les entreprises d’excursion membre de l’Alliance Éco-Baleine, soutient le recensement photographique des rorquals du parc marin, effectué par le GREMM.

Deuxième plus grande baleine au monde, le rorqual commun occupe tous les océans d’un pôle à l’autre, et est aussi présent en Méditerranée. Il s’agit de l’espèce qui a le plus été chassée au XXe siècle, avec 725 000 prises dans l’hémisphère Sud et probablement près de 100 000 dans l’hémisphère Nord. L’Islande et le Japon chassent encore cette espèce.

 


 

Tiré du bulletin Portrait de baleines, 11 août 2011

4601_BLV060913_1049Le grand trou qu´il a sur son dos, derrière l´évent du côté gauche, est à l´origine du nom de ce rorqual commun femelle connu depuis 1994 (code Bp059) et aperçu plusieurs fois depuis le 2 août dernier, notamment en face des Escoumins. On reconnaît aussi Trou à la grande dépression devant sa nageoire dorsale, à la subtile encoche dans le haut de sa dorsale et à son chevron peu contrasté. Considéré comme un « résidant saisonnier » vu ses retours au Saint-Laurent plus de trois années sur quatre, rien d´étonnant donc à ce qu´on l´ait vu en 2011 en compagnie de Capitaine Crochet et de U2, deux autres habitués des lieux.

On a parfois vu Trou avec un jeune en 2006 et 2009, sans savoir si un réel lien de parenté existait entre eux. Pourquoi ne voit-on pas plus de paires adulte-jeune ici? On en sait relativement peu sur la reproduction chez de cette espèce, bien que les données de la chasse passée suggèrent que les femelles donnent naissance en hiver à un baleineau tous les deux ou trois ans, après une période de gestation de 11 à 12 mois. Les jeunes restent avec leur mère pendant six à huit mois. Il se peut que les mères rorquals communs, ayant donné naissance à leur jeune tôt en hiver et arrivant tard dans l´estuaire, aient déjà sevré leur jeune et soient vues seules. Une fois sevré, le jeune rorqual commun recherche parfois la compagnie d´un adulte, mais pas nécessairement sa mère.

Les rorquals communs viennent dans le froid et riche Saint-Laurent pour se gorger de hareng, de capelan et de krill, que ce soit en solo, en paires ou en groupes de trois à plus d´une vingtaine d´individus, selon les marées semble-t-il : regroupements serrés au montant et dispersion au baissant.