Orion

Tiré du bulletin Portrait de baleines, 16 juillet 2015

Orion est un rorqual commun qui fréquente souvent l’estuaire du Saint-Laurent. Bien visibles autrefois, les marques évoquant la constellation d’Orion, à l’origine de son nom, se sont estompées avec le temps. Le bout de sa nageoire dorsale est «rogné» à la fois sur le haut et sur le bas, ce qui permet de le distinguer aisément des autres rorquals communs. Depuis 2012, Orion porte une nouvelle marque, une cicatrice au pédoncule qui est visible des deux flancs.

Résultat de la plongée de Bp913. Les pics de vitesse signifient que la vitesse chute et que l’animal prend une bouchée

Le 13 juillet, plusieurs rorquals communs se trouvent dans le secteur de la bouée K54. Dans la «mêlée» nagent les rorquals communs Orion et Bp913. Bp913 est marqué d’une balise radio par l’équipe de recherche Pêches et Océans Canada-GREMM dans le cadre du projet de suivi des grands rorquals: 4 h d’alimentation dans le secteur de la bouée K54 et 32 plongées jusqu’à 109 m de profondeur. Au cours d’une plongée de 11 minutes, il a pris 9 bouchées.  Le 10 juillet 2013, Orion avait aussi été marqué par cette équipe. Il les avait entraînés bien en aval du parc marin et la balise avait tenu le coup longtemps, jusqu’à tard en soirée. Le signal de la balise, enfin détachée, avait été retrouvé le lendemain vers midi.
L’équipe avait finalement pu mettre la main dessus pour découvrir les mouvements réalisés par l’animal sous l’eau.

La télémétrie radio est idéale pour comprendre les détails de la vie sous-marine d’une baleine dans l’estuaire et suivre ses déplacements journaliers. Pour étudier les déplacements sur de plus grandes distances, des balises exploitant le réseau de satellites ARGOS sont utilisées. La technique de recherche que sont les suivis télémétriques est utilisée depuis plus d’une dizaine d’années sur les rorquals communs. Elle a mis en lumière des plongées à différentes profondeurs (sous la surface à 230 m), avec des profils liés à diverses activités (diurnes et nocturnes, déplacement, repos, exploration, alimentation).

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La fiche signalétique du rorqual commun


Tiré du bulletin Portrait de baleines, 11 juillet 2013

photo-1-1000x288À bord du Bleuvet, une équipe du GREMM et de Pêches et Océans Canada a posé une balise télémétrique sur le rorqual commun Orion, le 10 juillet. Ce projet vise à comprendre le où, quand et comment du menu des baleines dans le parc marin. L’équipe de Parcs Canada, à bord de L’Alliance, fait en parallèle le recensement des proies dans les secteurs utilisés par la baleine suivie. Orion a entrainé l’équipe bien en aval du parc marin, et la balise tenait toujours bon tard en soirée… Au moment d’écrire ces lignes, le 11 juillet à midi, l’équipe avait retrouvé le signal de la balise, enfin détachée du dos de la baleine. Il ne restait plus qu’à mettre la main dessus pour en télécharger les données!

Dès la balise posée, l’équipe de terrain a fait parvenir des photos de la baleine par voie électronique à la station de recherche du GREMM. La mission : trouver de quel individu il s’agissait. Pas facile! La photo-identification est utilisée avec succès pour étudier de nombreuses espèces de baleines, en suivant les histoires individuelles de baleines reconnaissables par leurs marques naturelles. Mais cette méthode représente un gros défi lorsqu’on l’applique aux rorquals communs, qui présentent peu de marques fiables pour les distinguer les uns des autres et les reconnaître d’une fois à l’autre.

Ceci dit, voici comment l’on reconnaît Orion : des petits ronds maintenant un peu estompés apparaissent sur le côté droit de la tête, le bout de sa nageoire dorsale est un peu abimé, on distingue de courts traits blancs et une dépression en apostrophe près de la nageoire dorsale du côté droit, et, depuis l’an dernier, une blessure a laissé une cicatrice sur le pédoncule, une partie de son corps qu’il ne montre malheureusement pas souvent…

Orion est peut-être venu plus souvent que ce que cette liste le laisse croire. La subtilité des marques qui conduisent à son identification a pu faire qu’il passe inaperçu. D’ailleurs, le doute plane pour certaines années, notamment 1986, 1997, 1998, 2000 et 2011.

Auteur : Christine Gilliet – Mots et Marées


 

Tiré du bulletin Portrait de baleines, 4 juillet 2007

 

Lors des premières rencontres avec l’équipe du GREMM, ce rorqual commun portait des marques dans son chevron droit : quatre cercles rappelaient la position des étoiles de la constellation d’Orion (le chasseur de la mythologie grecque). Mais ces marques se sont peu à peu estompées. D’autres caractéristiques, notamment sur la nageoire dorsale, permettent désormais de l’identifier. Mais ce n’est pas facile à l’œil nu et lorsque ce rorqual est en mouvement. L’identification d’un rorqual commun, nécessite une série de photos de haute qualité couvrant différentes parties du corps de l’animal… ainsi qu’un œil exercé. D’ailleurs, pour Orion, le doute plane encore pour des photographies prises certaines années : 1986, 1997, 1998 et 2000.

Orion a été photographié le 24 juin dernier dans le secteur de la tête du chenal Laurentien.

Avec une biopsie, on prélève sur le dos de l’animal quelques milligrammes de gras et de peau. De l’échantillon de peau, l’ADN de l’individu en est extrait : c’est sa signature génétique. Une mine d’informations pour les biologistes, notamment pour savoir s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle. Le gras sert entre autres à l’analyse chimique pour détecter la présence et le taux de contaminants.