Gaspar

Tiré du bulletin Portrait de baleines, 5 août 2016

Gaspar, 2 août 2016

Gaspar, 2 août 2016.

Gaspar, connue sous le nom de Boom Boom River (BBR) en Gaspésie, est reconnaissable grâce au patron de coloration derrière sa queue. Sur son lobe droit, on y retrouve la forme du fantôme célèbre qui lui a valu son nom. Aussi, sa nageoire dorsale a une forme recourbée et pointue. Gaspar a été observée dans le parc marin le 29 juillet 2016. Née en 2005, elle a suivi sa mère, Helmet, une fidèle des territoires au large de Blanc-Sablon et de la Minganie. Elle a visité l’estuaire la première fois seule, dès l’année suivant sa naissance. Depuis, elle y est observée chaque année. Gaspar fait partie des jeunes rorquals à bosse explorateurs ayant adopté le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. Elle a été photo-identifiée par la Station de recherche des îles Mingan (MICS) et fait partie de leur catalogue d’identification des rorquals à bosse.

Gaspar est un rorqual à bosse. Elle fait partie des espèces ciblées par les visiteurs. Pour les repérer, il faut observer au large, à partir des sites terrestres ou à bord des bateaux de croisières, à l’œil nu ou avec des jumelles. Lorsque de gros souffles puissants s’élèvent dans les airs, c’est signe que de grosses baleines sont dans la région. C’est d’ailleurs un bon signe pour les reconnaître! Rorqual commun? Rorqual bleu? Ou rorqual à bosse? Un grand souffle en forme de colonne, visible à plusieurs kilomètres de distance est celui d’un rorqual bleu (plus de 6 mètres de haut) ou d’un rorqual commun (4 à 6 mètres). Celui du rorqual à bosse est plus large, en forme de chou-fleur. Quant aux petits rorquals et aux bélugas, difficile de voir leur souffle, comme ils sont plus petits, mais ce n’est pas impossible! Par contre, les conditions météo peuvent facilement nous tromper!

En savoir plus

La fiche signalétique du rorqual à bosse


 

Tiré du bulletin Portrait de baleines, 13 août 2015

Gaspar, connue sous le nom de Boom Boom River en Gaspésie, où elle a passé une bonne partie de l’été, a été vue dans le parc marin (secteur de la fosse à François) le mercredi 5 août vers 6 h du matin par l’équipe du GREMM – Pêches et Océans Canada. Depuis, elle a été observée chaque jour, parfois en compagnie d’un autre rorqual à bosse, Aramis.

Dorsale de Gaspar

Née dans les eaux chaudes des Caraïbes au cours de l’hiver 2004-2005, cette femelle rorqual à bosse a suivi sa mère Helmet pour sa première migration de printemps vers le Saint-Laurent. Helmet est fidèle aux régions de Blanc-Sablon et de la Minganie depuis 1990 (d’après les observations de la Station de recherche des îles Mingan (MICS). Dès l’année suivante, en 2006, Gaspar est venue explorer l’estuaire sans sa mère. Cet été-là, Gaspar était souvent vue en paire avec Pi-rat, un jeune mâle né la même année qu’elle. Ces associations entre rorquals à bosse sont généralement instables et de courtes durées. L’année suivante, Pi-rat et Gaspar étaient revus ensemble, mais bien moins souvent. Depuis cette première observation en 2006, Gaspar a visité l’estuaire chaque année. Elle a été baptisée ainsi par la forme de fantôme que l’on voit sur le haut de son lobe droit, dans la partie blanche. Une autre façon de la reconnaître est grâce à sa nageoire dorsale très recourbée et pointue.

Capture-depth bedLe 5 août à 6 h 25, une balise VHF a été installée sur le dos de Gaspar. Au cours de ce suivi, la balise a enregistré une période d’alimentation en profondeur (max 120 m), puis une période de plongées moins profondes, sans signe d’alimentation. Nous reconnaissons ces périodes en fonction de la «forme» des plongées enregistrées par la balise. Une plongée en «V» est le signe d’une plongée exploratoire et celle en «U», celui d’une période d’alimentation. Une période prolongée en surface révèle soit une période de repos ou de déplacement.


 

Tiré du bulletin Portrait de baleines, 7 août 2014

Gaspar, 4 mai 2015. © GREMM

Si Gaspar passe du temps dans l’estuaire chaque été, elle se déplace aussi dans le Saint-Laurent. Le 17 mai, elle a été vue en Gaspésie par le MICS et par un membre du GREMM; le 3 juillet, première observation dans l’estuaire par le GREMM avec Tic Tac Toe et Irisept; mi-juillet, à Gaspé; depuis le 30 juillet, à nouveau dans l’estuaire.

Gaspar a neuf ans cette année. Ayant atteint sa maturité sexuelle à cinq ans, elle serait en âge de procréer. Peut-être la verra-t-on au cours des prochaines années avec un jeune à ses côtés? Les femelles rorquals à bosse donnent naissance à un seul baleineau, dans des intervalles variant d’un à cinq ans. La gestation dure 11 à 12 mois et l’allaitement 5 à 10. Les petits restent un an, voire deux avec leur mère.

Si nous pouvons raconter l’histoire de Gaspar, si nous connaissons son sexe et savons qui est sa mère, c’est grâce à la technique de biopsie (biopsie de Gaspar effectuée par le MICS en 2005). On prélève cet échantillon de peau avec une arbalète projetant une flèche sur le dos de l’animal. Le dard de la flèche se remplit de quelques grammes à peine de peau et de gras. Avec les cellules de la peau, un laboratoire effectue l’analyse de l’ADN de l’individu. Aux chercheurs ensuite de comparer les séquences génétiques de deux ou plusieurs individus pour établir leur éventuel lien de parenté. Dans le cas de Gaspar et de sa mère Helmet, les deux femelles ont subi une biopsie. Le fait de les voir ensemble à plusieurs reprises en 2005 a fourni le premier indicateur de leur filiation.


 

Tiré du bulletin Portrait de baleines, 7 août 2013

Gaspar fait partie de cette poignée de jeunes rorquals à bosse qui ont adopté le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. Son premier séjour dans la région remonte à 2006, où elle (et oui, il s’agit d’une femelle…) était venue en compagnie d’un autre rorqual à bosse âgé d’un an, Pi-rat. Ces deux jeunots étaient devenus la coqueluche de l’industrie d’observation, et un concours avait été organisé par le GREMM, conjointement avec le MICS, pour leur trouver des noms appropriés.

L’expertise du MICS avait permis de cibler, dans le patron de coloration sous la queue, les marques qui avaient le plus de chances d’être permanentes, car, chez cette espèce, le patron de coloration se modifie au cours des premières années de vie. À partir de ces marques, les suggestions ont fusé, une liste de finalistes a été constituée, et les gens de l’industrie d’observation sont passés au vote. Gaspar doit son nom au célèbre gentil fantôme, qu´on aperçoit au bout du lobe droit.

Cette année, elle est arrivée dans le parc marin le 25 juin, et a souvent été vue en compagnie de Tic Tac Toe. Des collaborateurs du MICS l’ont photographiée en Gaspésie à la mi-juillet, où elle est surnommée « Boom Boom River ». Le 4 août elle était photographiée par le GREMM à son retour dans le parc marin. Toute une voyageuse!

La voici en photos :

  • Compilation de photos de Gaspar, 2013
  • Crédit : © Renaud Pintiaux

Dernière heure : Gaspar a été équipée d’une balise le 7 août vers midi, dans le cadre du projet GREMM/Pêches et Océans Canada visant le suivi télémétrique des rorquals du parc marin.


 

Tiré du bulletin Portrait de baleines, 8 septembre 2011

Troisième jeune rorqual à bosse à faire son apparition dans le parc marin cet été, Gaspar avait été signalée en Gaspésie au mois de juillet. Elle n´a pas peur d´avaler les kilomètres pour visiter ses secteurs d´alimentation préférés! Sa mère, Helmet, connue du MICS depuis 1990, est plutôt une adepte des régions de Blanc-Sablon et Mingan. C´est là qu´en 2005 elle a amené Gaspar, lors de son premier été. Mais Gaspar, exploratrice, brise la règle qui veut qu´un jeune rorqual à bosse retourne se nourrir sur les lieux où sa mère l´a amené. C´est une fidèle de l´estuaire du Saint-Laurent, qu´elle visite tous les ans depuis 2006.

Les rorquals à bosse sont très appréciés des naturalistes et des capitaines de la région : acrobate et exubérante, cette espèce saute parfois hors de l´eau ou tape la surface avec sa queue ou ses longues nageoires pectorales. Ces nageoires sont d´ailleurs uniques dans le monde animal : elles mesurent le tiers de la longueur totale de la baleine et leur bord d´attaque est dentelé et couvert de petits tubercules. Cette caractéristique a fait l´objet d´une étude publiée récemment : les chercheurs américains ont déterminé que ce relief améliorait la manœuvrabilité et les performances du rorqual à bosse, et ils proposent même d´appliquer cette découverte aux ailes d´avion et aux pales d ‘éoliennes! À quand un Boeing aux ailes de rorqual à bosse?

Son nom est le résultat d´un concours organisé lors de son premier séjour dans le parc marin. Les gens de l´industrie d ´observation de la région avaient retenu ce vocable en l´honneur du célèbre gentil fantôme, qu´on aperçoit au bout du lobe droit.