Pm 022 … et 4 autres cachalots

Tiré du bulletin Portrait de baleines, 12 juillet 2006

Plusieurs cachalots ont été vus le mercredi 5 juillet dans les parages. Le lendemain, l’équipe du GREMM, à bord du Bleuvet, qui n’avait pas été avisée de cette observation, les a rencontrés par hasard, tôt le matin à quatre milles marins du cap de Bon-Désir. Alors que les chercheurs naviguaient au large, au niveau de la falaise Sud, ils ont aperçu un premier souffle oblique, orienté dans le sens contraire du vent. Arrivés sur la zone d’observation, ils ont découvert cinq cachalots: une première paire d’individus distants en largeur de 300 m; suivis par une deuxième paire à environ 1,5 km, les animaux séparés également d’une distance de 300 m; au milieu de ces deux paires, un cinquième cachalot. Les cétacés poursuivaient le même cap vers l’aval, à une vitesse assez lente.

Par chance, ces cinq cachalots ont tous soulevé leur nageoire caudale avant de plonger; c’est cette partie du corps qui permet la photo-identification. Ils ont donc été photographiés par cette équipe qui, de retour à terre, a tenté de les reconnaître dans le catalogue des cachalots de l’estuaire, contenant 24 membres de cette espèce. Pour l’instant, seul Pm 022 a pu être identifié formellement. Il avait déjà été photographié dans le secteur en 2004.

Certains observateurs du mercredi pensaient avoir reconnu Tryphon, mais il ne faisait pas partie des cachalots repérés et photographiés le lendemain. Tryphon est le plus connu des cachalots de l’estuaire. Il a été le premier photographié en 1991 et est revenu presque chaque année depuis. Il porte des marques très caractéristiques sur sa queue: deux longues encoches sur le lobe droit et deux courtes et rapprochées sur le lobe gauche.

Le cachalot (Physeter macrocephalus) est un mammifère marin à dents, d’une taille allant de 11 à 15 m (jusqu’à 18 m) et pesant de 15 à 40 tonnes. Il recherche habituellement ses proies, essentiellement des calmars, à de très grandes profondeurs pouvant atteindre les abysses. Son temps de plongée très long (de 15 à 90 minutes, voire deux heures) fait que son repérage et son suivi sur l’eau restent difficiles. Cette espèce est grégaire et son organisation sociale complexe: les mâles, qui voyagent parfois en solitaire, fréquentent les eaux froides et rejoignent périodiquement les femelles et les juvéniles que l’on trouve plus généralement dans les eaux tropicales et tempérées.

Depuis que des scientifiques étudient les cétacés du Saint-Laurent, le cachalot est occasionnellement observé dans le golfe. On y a signalé quelques échouages dont un survenu à L’Anse-à-Valleau (Gaspésie) en 2003 et dont le squelette est désormais exposé au CIMM. Dans l’estuaire, on signale des observations de cachalots tous les ans depuis 1991.

En savoir plus

La fiche signalétique du cachalot