Néo

Tiré du bulletin Portrait de baleines, 6 septembre 2012

La silhouette difforme de Néo est immanquable. Bien qu’il ressemble à Pascolio, on le distingue par son mouvement de nage (entre autres, Pascolio montre presque toujours la queue au moment de plonger, et Néo, jamais), et par quelques points noirs sur le flanc droit. On remarque aussi la différence de coloration qui trahit leur différence d’âge : Pascolio est blanc, adulte, alors que Néo est encore grisâtre, donc juvénile. Les observateurs postés aux belvédères de Pointe-Noire ou de la baie Sainte-Marguerite ont plusieurs fois par saison l’occasion de le repérer, parfois seul, parfois au sein de groupes de différentes natures, soit des femelles et des jeunes ou des mâles juvéniles.

En 2005, lors de la première rencontre avec l’équipe de recherche du GREMM, Néo avait créé la surprise : comment se pouvait-il qu’un béluga aussi déformé n’ait jamais été photographié auparavant? Il était alors juvénile, et les chercheurs ont appris grâce à une biopsie qu’il est un mâle. Or, les mâles, à partir d’un certain âge, quittent la communauté de femelles dans laquelle ils sont nés. Néo est donc peut-être né dans la communauté de l’amont, moins documentée par les chercheurs.

Que fera-t-il à l’approche de l’âge adulte? Établira-t-il des liens solides avec d’autres mâles, comme c’est le cas habituellement pour les mâles adultes, qui forment des réseaux, des clans et même des petits groupes de compagnons stables? Son handicap physique sera-t-il un frein à cette socialisation? Une histoire à suivre!

Plusieurs bélugas « déformés » fréquentent les eaux du Saint-Laurent et du Saguenay. Pascolio, Scolio, Néo et d’autres sont facilement reconnaissables, mais des photos sont souvent nécessaires pour confirmer une identification sur le terrain. Le catalogue du GREMM compte plusieurs centaines d’individus, dont plus de 250 sont bien connus.

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La fiche signalétique du béluga