Narval (Monodon monceros)

Tiré du bulletin Portrait de baleines, 1er septembre 2017

Pour ce numéro, la formule conventionnelle de Portrait de baleines est assouplie à l’occasion de la présence confirmée d’un visiteur tout particulier : le narval en cavale aperçu l’été dernier a pointé le bout de sa dent dans le parc marin ! C’est tout à fait par hasard que l’animal fut photographié le 20 aout dernier, au large de Pointe-Noire. Notre assistant de recherche avait pris quelques clichés d’un troupeau d’environ six bélugas qui passait par là, et il en était à examiner ses photos lorsque sa collègue elle aussi à bord a remarqué un animal qui contrastait par sa robe sombre et mouchetée. Les doutes furent rapidement dissipés : c’était bien un narval !

Les projets de photo-identification de narvals sont rares. Dans le cadre d’une étude en Arctique, les chercheuses Marianne Marcoux (Pêches et Océans Canada) et Marie Auger-Méthé (Université Dalhousie) se sont fiées aux entailles dans la crête dorsale des animaux pour les différencier, puisque le patron de coloration évolue chez les narvals avec les années – contrairement au rorqual bleu par exemple, chez qui les mosaïques mouchetées sont permanentes.

Narval, 20 aout 2017

Narval, 20 aout 2017

Pour revenir à notre visiteur exceptionnel, il a fallu scruter le patron de pigmentation pour valider qu’il s’agissait du même individu que celui documenté l’an dernier : les marques distinctives autour de la tête et du cou du narval ont servi de référence puisqu’en un an, elles sont restées inchangées. « Nous n’avons pas de catalogue de narvals. Il y en a beaucoup au Canada (150 000). De plus, les narvals n’ont pas beaucoup de diversité génétique, alors ce n’est pas possible d’utiliser la génétique pour déterminer d’où vient ce narval », précise Dre Marcoux.

« Il faudra d’autres séries de photos pour un suivi à long terme de l’animal », ajoute Robert Michaud, directeur scientifique du GREMM. Soulignons au passage que, bien que la tentation puisse être grande d’aller jeter un œil à notre hôte tout spécial, ce dernier semble s’être greffé à un groupe de bélugas. Cela signifie qu’aucune entorse au respect des mesures prescrites ne saurait être justifiée par la présence du narval. La distance minimale de 400 m entre les embarcations et les bélugas – même si le narval les accompagne – demeure obligatoire. Merci de protéger cette population en danger !

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Un dos moucheté parmi les dos blancs…