Cachalot

Description

  • Grosse baleine massive
  • Peau sombre, plissée à l’arrière de la tête
  • Tête carrée, proéminente occupant le tiers du corps
  • Un évent situé sur la partie gauche de la tête
  • Mâchoire inférieure étroite avec des lèvres blanches et de grosses dents
  • Nageoire dorsale en forme de bosse
  • Petites bosses sur le dos, entre la queue et la dorsale
  • Nageoires pectorales courtes, larges, aux bouts arrondis
  • Queue triangulaire

Quand il fait surface: Le souffle, de forme arrondie, pointe vers l’avant et la gauche. Il peut atteindre 3 mètres de haut. La nageoire dorsale apparaît simultanément.

Images

Nom anglais espèce : Sperm Whale

Nom latin espèce : Physeter macrocephalus

Autres noms : Cachalot macrocéphale

Sous-ordre : Baleines à dents (odontocètes)

Longueur : 11 à 15 m, jusqu’à 18 m

Poids :15 à 40 t, jusqu’à 50 t

Comportement social : Grégaire, parfois les mâles voyagent en solitaire

Longévité : 50 à 70 ans

Temps de plongée : 15 à 90 min, jusqu’à 2 h

Observations : Occasionnelles l’été dans l’estuaire et rares dans le golfe

Distribution mondiale : Dans tous les océans. Femelles : eaux tropicales et tempérées sous le 45e parallèle. Mâles : Eaux froides pendant le printemps et l’été, rejoignent les femelles pendant l’hiver

Population mondiale : Peut-être jusqu’à deux millions, mais pourrait être moindre

Statut au Canada : Non en péril


Démesure et fascination pour ce cétacé mythique

Le cachalot est le plus gros des cétacés à dents, il figure parmi ceux qui plongent le plus profondément et le plus longtemps, et il possède le plus gros cerveau du règne animal. Même s’il a été une cible de choix pendant la chasse commerciale du passé, cette espèce est une des plus abondantes dans le monde. Cette baleine grégaire a une organisation sociale complexe et surprenante. Avec son corps massif, un melon proéminent, des comportements étranges, il frappe l’imaginaire. Dans le roman d’Herman Melville, inspiré par les récits des chasseurs du début du 20e siècle, le cachalot albinos Moby Dick est pourchassé sur toutes les mers par le capitaine Achab. Mais l’étude scientifique nous livre sur cette espèce des connaissances tout aussi fascinantes que le mythe.

Population, répartition et habitat

Dans le Saint-Laurent

La présence de cachalots est occasionnelle dans le golfe et dans l’estuaire du Saint-Laurent. La première mention documentée par des photographies a été effectuée en 1991 par le GREMM. Les conditions océanographiques du Saint-Laurent (eau froide et faible profondeur) suggèrent qu’il doit s’agir de jeunes mâles qui se séparent de leur groupe à l’approche de leur maturité sexuelle. Ils rechercheraient des nouvelles aires d’alimentation, des grandes zones de forte ressource alimentaire, tout en évitant la concurrence avec les mâles plus vieux. De 1991 à 2009, des cachalots ont été observés entre mai et octobre dans l’estuaire, généralement en groupe de 1 à 4; un groupe de 15 individus a été observé en 1997. Le plus assidu, Tryphon, est mort d’une prise accidentelle dans un engin de pêche à Sept-Îles en 2009.

Migration

Des différences sont observées dans les patrons de migration entre adultes mâles et femelles. Seuls les adultes mâles migrent vers les hautes latitudes pour s’alimenter, se dispersant plus que les femelles et sur des plus grandes superficies. Ils peuvent passer d’un côté à l’autre des océans. Quand ils atteignent l’âge de 25 ans, ils semblent migrer l’hiver vers des latitudes plus basses (tropiques), leurs aires de reproduction. Mais peu de choses sont connues sur le temps, la durée et la fréquence de leurs visites sur ces sites. Les groupes de femelles et de juvéniles restent généralement pour une dizaine d’années à l’intérieur d’une zone s’étalant sur 1 000 km de longitude, près de l’équateur. Les femelles peuvent parfois se déplacer à travers un océan sur plusieurs milliers de kilomètres.

Dans le monde

Les cachalots qui fréquentent le Saint-Laurent appartiennent à la population de l’Atlantique Nord. En 1995, la population dans l’Atlantique Nord-Ouest a été estimée à 2 698 individus (ce recensement effectué par bateau et avion ne tenant pas compte des animaux en plongée). La chasse commerciale pratiquée pendant presque trois siècles semble avoir considérablement réduit la population de l’Atlantique et les mâles ont été davantage touchés que les femelles. On trouve le cachalot dans les eaux profondes de tous les océans et mers de la planète, dans les eaux libres de glace, et en Méditerranée. Il présente une grande uniformité génétique à travers le monde.

Statuts

Largement répandue dans les océans de la planète, la population mondiale de cachalots compte un nombre d’individus considéré suffisant, malgré les diminutions considérables causées par la chasse commerciale, suspendue en 1972 au Canada. En 1996, la population de cachalots de l’Atlantique Nord a été évaluée et jugée «non en péril» par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Pour sa part, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) lui a attribué le statut «d’espèce vulnérable». Le cachalot est considéré comme une «espèce en danger» en vertu du Endangered Species Act américain. Cette espèce n’apparaît pas sur la Liste des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables au Québec en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Comportement

Alimentation

Le cachalot passe la plus grande partie de son temps à chercher son alimentation dans les profondeurs. Le patron général des plongées d’alimentation se situe entre 300 et 800 m pour une durée de 40 min, alternant avec des périodes de respiration en surface de 8 min. Il se déplace sur plusieurs centaines de kilomètres en fonction de l’abondance de nourriture, effectuant des allers et retours au gré de ce qu’il trouve. Même si son alimentation principale est constituée de calmars d’une masse de 1 kg, le cachalot a une diète variée incluant des calmars dont les tentacules mesurent de quelques centimètres à 10 m, des poissons pélagiques, des poissons de fond et des crustacés.

En surface

Le cachalot effectue de longues séquences respiratoires, pouvant dépasser une trentaine de respirations. La vitesse moyenne de ses déplacements est plutôt lente, mais il est capable de fortes accélérations lorsqu’il chasse ou qu’il est poursuivi. Il peut également rester dans une position stationnaire. Avant de plonger, le sommet de sa tête se découvre dans une sorte de mouvement d’élan, puis sa queue s’élève lentement et très haut dans les airs.

En plongée

Ses plongées et ses remontées sont verticales. Le cachalot refait souvent surface à peu près au même endroit. Sous l’eau, son corps massif se déplace avec grâce. En moyenne, ses plongées durent environ 1 h, mais peuvent atteindre 90 min, voire 2 h, et des profondeurs de 1 000 à 2 000 m. Les cachalots effectuent aussi des déplacements horizontaux dans des eaux moins profondes, entre 50 et 300 m. Selon une ancienne hypothèse, le spermaceti, cet organe cireux présent dans l’énorme melon de la tête, pouvait servir à réguler la densité de l’huile qui le compose afin de faciliter les descentes et les remontées en plongée. Aujourd’hui, les chercheurs lui attribuent plutôt un rôle dans l’émission de clics sonores.

Social

Selon le sexe et l’âge, le cachalot vit de manière solitaire, en paire ou en groupe. Organisée en unités familiales, sa vie sociale est complexe. Quand ils quittent leur unité familiale, les mâles de taille comparable (vers l’âge de six ans) se rassemblent dans des groupes peu serrés. Ils se déplacent vers des hautes latitudes au fur et à mesure qu’ils avancent en âge et en croissance. Mais au fil des années, la cohésion des groupes diminue. Pendant la période de reproduction, les mâles sont essentiellement solitaires, s’évitant les uns les autres. Ils le sont également à la fin de leur vie. À l’occasion, les grands mâles se livrent à des combats de courte durée, qui laissent des cicatrices sur leurs têtes et leur corps. Au sein des unités familiales, des liens stables existent entre les femelles dont les apprentissages se transmettent de la mère au baleineau. Les femelles coopèrent pour veiller sur leurs baleineaux, chercher leur nourriture et se défendre contre leurs prédateurs. Lors d’attaques de prédateurs, les groupes de cachalots se placent en formation défensive (la position dite «en marguerite»): les têtes vers le centre, les corps se déploient comme les rayons d’une roue.

Vocal

Les cachalots émettent une large gamme de sons (cliquetis, sons pulsatiles, grincements) dans les profondeurs et en surface. Ces sons organisés en patrons variés peuvent être propres à un individu et les répétitions espacées ou très rapprochées. Ils servent à la communication ainsi qu’à l’écholocation pour le repérage des proies et de l’environnement. Chaque groupe aurait son dialecte caractéristique.

Reproduction

La femelle atteint la maturité sexuelle entre 7 et 13 ans, et le mâle progressivement entre 10 et 20 ans. À partir de la fin de la vingtaine, le mâle joue un rôle actif dans les aires de reproduction. Sa croissance peut se poursuivre jusqu’à l’âge de 40 ans. Le moment le plus propice pour la reproduction est au printemps, même si elle peut occasionnellement intervenir à d’autres moments de l’année. La gestation dure entre 14 et 16 mois. L’âge moyen du sevrage est de 2 ans, mais les baleineaux commencent à manger des aliments solides avant la fin de leur première année d’existence. Ils peuvent continuer à téter leur mère jusqu’à l’âge de 5 ans, voire 13 ans, et même une autre femelle lactante.

À propos de la recherche scientifique

La relative abondance de la population mondiale ne doit pas faire oublier le taux modeste de renouvellement de cette espèce, la chasse ayant particulièrement réduit le nombre de mâles. Les collisions avec les navires, la pollution sonore et chimique, les prises accidentelles dans des engins de pêche et le réchauffement climatique constituent des menaces pour cette espèce. Des projets de recherche sont réalisés à partir de l’examen des carcasses, de l’acoustique, du suivi télémétrique et des biopsies avec leur analyse génétique. Avec la photo-identification réalisée à partir de la forme, du patron de coloration, des marques et cicatrices de la queue, les chercheurs effectuent un suivi à long terme des individus. Dans le Saint-Laurent, le GREMM dispose d’un catalogue d’une trentaine d’individus.

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Dernière mise à jour: avril 2015