Krill et capelan : des proies convoitées

Ça brasse dans la vie du krill!

ImgSize9918-300x199

  • Krill
  • Crédit photo : © Pêches et Océans Canada J.-F. Sylvestre

Krill veut dire en norvégien « nourriture des baleines », mais ce petit crustacé aux couleurs translucides intéresse bien du monde chez les poissons et les oiseaux marins. Là où il se concentre, en profondeur ou parfois en surface, il y a de l’action chez les baleines qui l’engouffrent par centaines de kilos. Le rorqual bleu peut en manger 1 tonne par jour. Même s’il ressemble à la crevette, il n’en est pas une. Avec une taille de un à quatre centimètres, il est plus petit. Il se concentre en nuages qui peuvent atteindre plusieurs kilomètres de longueur et jusqu’à cent mètres d’épaisseur.

… bioluminescent, avec du poil aux pattes

Avec ses 22 pattes, le krill adulte est un assez bon nageur qui peut effectuer des migrations verticales dans la colonne d’eau pour échapper à ses prédateurs. Le jour, il préfère rester dans l’obscurité des profondeurs et la nuit il remonte près de la surface. Les poils de ses pattes lui servent de filtre pour capturer sa nourriture. Il est équipé d’organes spéciaux qui peuvent émettre de la lumière (bioluminescence).

Des stocks en diminution

Selon des études menées depuis 1994, le krill constituait 70 % de la biomasse du zooplancton de l’estuaire et du golfe jusqu’en 2003. Depuis il a été remplacé par le Themisto libellula, un amphipode venu de l’Arctique, et ne représente plus que 40 %. Dans le monde, il est pêché pour l’aquaculture et son huile riche en oméga-3. Au Canada atlantique et dans le Saint-Laurent, il est interdit de le pêcher depuis 1998 afin de protéger toute la chaîne alimentaire.

Un petit poisson qui « roule » et nourrit les baleines

banc_capelans-300x224

  • Banc de capelans
  • Crédit photo : © Pêches et Océans Canada

Ce petit poisson de couleur olive et aux reflets argentés mesure environ 15 cm. Avec une durée de vie de cinq à six ans, il vit et se déplace en bancs serrés dans les eaux froides. Il se nourrit de plancton et se reproduit de mi-avril à début juillet en eaux profondes, mais aussi sur les berges de l’estuaire et du golfe, un phénomène qui se produit surtout la nuit. Les gens se rassemblent sur les plages pour voir et pêcher le capelan qui « roule » dans les vagues, en bancs si denses qu’on peut les récolter à la pelle ou au seau. La femelle pond jusqu’à 50 000 œufs, rougeâtres et d’un diamètre de 1 mm, qui vont être enfouis à environ 15 cm de profondeur dans le substrat. Les larves s’y développent avant d’éclore et repartir avec la marée pour une vie en eau libre.

Une espèce fragile, sensible aux variations

Espèce des eaux froides et pélagiques, le capelan voit sa distribution s’agrandir en raison des changements climatiques planétaires. Depuis les années 1980, il est de plus en plus présent dans le sud du golfe, l’estuaire et le plateau néo-écossais probablement dû aux eaux plus froides entrantes dans la couche intermédiaire du Saint-Laurent. Mais l’eau trop froide ralentit la croissance des juvéniles et réduit leur taille. Il est en perte d’habitats pour ses lieux de reproduction en raison de l’érosion des berges et des infrastructures telles que les enrochements. On cherche à mieux connaître cette espèce fragile et à documenter les sites de fraie du capelan. Une réduction de son abondance pourrait avoir des impacts négatifs sur la vie de la majorité des espèces marines, l’industrie d’observation des baleines et la pêche commerciale. En 2003, le réseau des observateurs du capelan (ROC) a été créé. Pour connaître ou rapporter les lieux de fraie du capelan, composer 1-877- Ça roule (227-6853).

 

Dernière mise à jour: mai 2013