La saison d’Urgences Mammifères Marins bat son plein

  • Les empêtrements ont fait l'objet de plusieurs présentations aujourd'hui. © Station de recherche des iles Mingan
    02 / 08 / 2017 Par Josiane Cabana

    L’équipe du centre d’appels traite des dizaines d’appels quotidiennement en ce début d’aout, la saison bat son plein au 1-877-7baleine. Avec la saison touristique qui est florissante, les vigies sont nombreuses sur les berges et en mer!

    Jeune chiot phoque commun harcelé à Saint-Fabien-Sur-Mer. © François Turcotte

    Des plaisanciers signalent des petits rorquals à la dérive, aussi loin en amont que L’Isle-aux-Coudres et Berthier-sur-Mer, des touristes vivent leur premier contact avec des jeunes phoques au repos sur les berges dans le Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord, les équipes de recherche en mer observent une diversité de baleines vivantes, parfois amaigries ou portant des profondes cicatrices qui témoignent d’un accident passé, et les pêcheurs rapportent des cétacés nageant avec des cordes et des bouées d’engin de pêche autour de leur corps.

    Une diversité de mammifères marins entraine une diversité de cas

    Carcasse de petit rorqual à Kegaska avec marques de cordages sur son ventre. © Garde Côtière Kegaska

    Les cas sont nombreux, et souvent complexes, impliquant un nombre élevé d’intervenants. Urgences Mammifères Marins a pour mandat de documenter ces incidents, de récolter des données sur les carcasses et de venir en aide à des animaux en difficulté lorsque les ressources sont disponibles.

    En plus des interventions sur le terrain, l’équipe du centre d’appels joue un rôle crucial en sensibilisation. Un phoque  reste longtemps sur la berge? Prière de ne pas déranger! Une baleine a été vue nageant librement avec des cordages? Il est important d’expliquer aux observateurs les risques reliés à une telle situation et les étapes de l’intervention si elle est possible. Une carcasse est échouée devant votre chalet? Il est important d’informer les riverains qu’elle représente une source d’informations sans égal pour les partenaires du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins, qui se déplaceront, ou enverront des bénévoles pour récolter des données sur l’animal. Vous arrivez sur le lieu d’un échouage d’une baleine vivante? Des règles de sécurité doivent vite être transmises aux gens sur la plage par notre équipe du Centre d’appels, qui enverra rapidement une équipe spécialisée pour prodiguer les premiers soins à l’animal. Un vétérinaire sera aussi consulté pour évaluer si la remise à l’eau est l’option choisie.

    Notez le numéro : 1-877-7baleine

    Marsouin commun échoué vivant à Portneuf-sur-Mer. © Marielle Roy

    La collaboration des gens qui fréquentent le Saint-Laurent et ses berges est essentielle à l’atteinte du mandat d’Urgences Mammifères Marins. Si vous êtes témoin d’un incident impliquant un phoque ou une baleine en difficulté, ou si vous voyez une carcasse en mer ou échouée, il est important de signaler sans attendre le numéro sans frais 1-877-7baleine (1-877-722-5346). Une personne vous répondra et recueillera les informations, et ce, tous les jours de l’année, peu importe l’heure!

    La prudence est de mise

    Les menaces qui pèsent sur les mammifères marins sont nombreuses : le dérangement, les collisions avec des embarcations et les empêtrements dans des engins de pêche en sont des exemples. Le Saint-Laurent est un milieu riche qui attire les animaux, mais aussi les amants de la nature. Il importe, en cette saison de plaisance, de redoubler d’efforts pour éviter de déranger ou de blesser des mammifères marins. Prudence aussi si vous découvrez une carcasse: n’y touchez pas, elle peut être couverte de bactéries ou porteuses de maladies, et ça, c’est bien le dernier souvenir de vacances qu’on souhaite ramener à la maison!

     


    Josiane Cabana est directrice du Centre d’appels du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins. Entre les cas de mammifères marins morts ou en difficulté auxquels elle répond, elle aime prendre le temps de sensibiliser les riverains aux menaces qui pèsent sur ces animaux. Biologiste de formation, elle s’implique au sein du GREMM depuis plus de 15 ans, toujours avec la même passion!