Jeune phoque vivant, échoué sur la plage : que faire?

Les riverains et touristes seront de plus en plus nombreux sur les berges du Saint-Laurent avec l’arrivée de la saison chaude. Chaque année, le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins traite près d’une vingtaine d’appels concernant un jeune phoque échoué vivant sur la plage. Cette situation peut sembler alarmante et même inciter à l’action. Toutefois, dans la plupart des cas, l’animal est en bonne santé et se trouve dans une situation tout à fait normale. Que faire si vous croisez un phoque sur la plage? Gardez vos distances, n’intervenez pas et laissez l’animal seul.

© Josh SavagaLe début de la saison estivale correspond à la période des naissances chez le phoque commun. Durant la période d’allaitement, soit durant les premières quatre à six semaines de sa vie, il n’est pas rare d’observer les mères abandonner momentanément leur chiot sur une berge pendant qu’elles vont s’alimenter en mer. C’est dans ces moments que les jeunes phoques peuvent être observés criant après leur mère et être confondus avec des animaux en difficulté. La période de l’allaitement se déroule de mai au début juillet et le sevrage se produit de la mi-juin à la fin juillet. Afin de concentrer leur énergie à la croissance, les petits se reposent beaucoup hors de l’eau, souvent sur les plages. Ils sont pour la plupart du temps inconscients des différents dangers qui les guettent et ne fuient pas à l’approche d’un humain.

Que faire si vous voyez un jeune phoque?

© Jocelyne BurtonSi vous voyez un jeune phoque sur le rivage, il est important de garder vos distances, de tenir les animaux domestiques éloignés et, surtout, de ne pas le manipuler. Si le petit n’est pas sevré, sa mère est probablement à l’eau à proximité attendant le retour de la marée pour venir le récupérer. La présence d’humains dans les parages ou une odeur humaine sur le petit pourraient inciter la mère à l’abandonner définitivement. Le petit serait alors destiné à la mort.

Si le jeune est sevré, une période d’adaptation pendant laquelle il cherche sa mère est normale. Il doit faire seul l’apprentissage de la vie, et la présence humaine pourrait lui être néfaste. De plus, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un animal sauvage : il peut vous mordre et il y a possibilité de transmission de maladies infectieuses.

 

Le phoque est-il en difficulté?

Où que vous soyez au Québec, de voir un phoque seul sur la berge est tout à fait normal. La vie des phoques est partagée entre la terre et la mer. Ils peuvent y rester pendant plusieurs heures et même quelques jours, voire une semaine. Ils le font pour se reposer ou pour favoriser la mue. Ce n’est pas un signe que l’animal est en difficulté. La curiosité normale du public est la principale menace pour la santé et le bien-être de l’animal. En voulant bien faire ou simplement en étant curieux, les gens peuvent, sans le vouloir, aggraver la situation. Bien souvent, les jeunes phoques ne sont pas en difficulté, mais ils le deviennent en raison des comportements inappropriés des riverains. Un certain pourcentage de jeunes phoques meurt chaque année : c’est naturel. Les chances de survie de l’animal augmentent s’il est laissé en paix.

L’observation de phoques dans la région fluviale du Saint-Laurent peut aussi porter à croire qu’il s’agit d’animaux en détresse, ce qui n’est généralement pas le cas. Leur aire de distribution est vaste, les populations sont nombreuses, et plusieurs individus, particulièrement les jeunes, sont curieux et s’aventurent à l’extérieur de leur aire habituelle, motivés par la découverte de nouveaux secteurs.

Quand appeler le 1-877-7baleine?

Si vous voyez un phoque avec des signes évidents de blessures, si des gens manipulent ou tentent d’interagir avec le phoque ou si le phoque manifeste des comportements d’agressivité envers le public, contactez le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins au 1-877-7BALEINE (1-877-722-5346). Avec une description détaillée de la situation et l’aide d’un bénévole, l’équipe du Centre d’appels pourra demander la collaboration de vétérinaires afin d’évaluer l’état de santé de l’animal. Elle pourra aussi contacter des agents de la paix pour faire respecter la loi qui interdit de manipuler un mammifère marin et pour assurer la sécurité du public.