B082, ou « Crinkle »

Description

  • Espèce: Rorqual bleu
  • Sexe: Femelle
  • Code: B 082 (MICS)
  • Biopsie: 1993 (MICS)
  • Premiere rencontre: 1982 (MICS)
  • Identification: 1982, 1984, 1989, 1993, 1997, 2000 à 2004, 2006, 2016

Tiré du bulletin Portrait de baleines, 16août 2006

Un rorqual bleu à la peau flétrie a été repéré le 26 aout dernier dans le parc marin : revoici Crinkle ! Ce nom de baptême anglophone signifiant « froissé » ou « plissé » renvoie sans surprise à l’affectation cutanée – dont on ignore la nature – qui s’étale sur son dos. À l’aspect ridé de la peau de B082 s’ajoute une nageoire dorsale rognée, qui permet une identification aisée.

Fidèle à l’estuaire maritime, Crinkle est bien connue de la Station de recherche des iles Mingan (MICS), et ce, depuis 1982. En 2003, elle est aperçue pour la première fois accompagnée d’un baleineau par des chercheurs du MICS, d’abord au large de Portneuf-sur-Mer puis à Matane.

Crinkle n’est toutefois pas la seule à être affligée d’une indisposition physique. Comme nous, les baleines peuvent souffrir de blessures et maladies variées, de difformités et de handicaps. Un article publié en 2007 par Brownell et coll. traite de trois types de lésions dermatologiques observés chez une population de rorquals bleus au sud du Chili, à partir de clichés de 68 individus obtenus par travail de photo-identification. 37 portaient des cicatrices témoignant de morsures par des petits requins appelés squalelets féroces ; 52 présentaient des lésions vésiculaires (pustules, cloques) ; et 17 avaient des marques s’apparentant au virus de la variole et/ou à des lésions vésiculaires. 10 des animaux étudiés semblaient aussi en mue.

Les cachalots s’entre-frictionnent, détachant les peaux mortes.

Les cachalots s’entre-frictionnent, détachant les peaux mortes. Tony Wu, 2017 (Nature Picture Library)

La desquamation cutanée n’est pas un phénomène rare. Dans le parc marin, on a déjà découvert des lambeaux de peau blanche flottant à la surface de l’eau. Les bélugas du Saint-Laurent vivent une mue annuelle, leur permettant de renouveler les cellules de leur épiderme après s’être débarrassés des peaux mortes.

Les cétacés sont également sujets aux coups de soleil, selon une étude publiée en 2013 par Martinez-Levasseur et coll. dans la revue Scientific Reports. Les chercheurs ont noté un changement saisonnier dans la pâle pigmentation des rorquals bleus, ainsi que des dommages au niveau de l’ADN mitochondrial – ceux-ci seraient dus à une exposition régulière aux rayons ultraviolets. Le même phénomène se retrouve chez les humains, lorsque nous souffrons d’un coup de soleil. Les rorquals communs, en comparaison, seraient plus à même d’éviter les coups de soleil grâce à leur peau foncée.

En savoir plus

La fiche signalétique du rorqual bleu

 


Tiré du bulletin Portrait de baleines, 16août 2006

Le nom de code de ce rorqual bleu est B082 et son surnom évocateur veut dire en anglais fronce ou pli. Crinkle a bien la peau plissée, froncée … ce qui la rend très reconnaissable et unique avec, en plus, une nageoire dorsale à l’aspect blessé. Les chercheurs du MICS, qui étudient également les rorquals bleus de l’Atlantique et du Pacifique, n’ont jamais rencontré d’autre baleine présentant cette caractéristique.

Crinkle a été vu et photographié par l’équipe du MICS pour la première fois en 1982, puis en 1984, 1989, 1993 et 1997. Chaque année de 2000 à 2004, il a pu être observé et photographié par le Mériscope dans l’estuaire. Crinkle est une femelle, comme le révèle une biopsie prélevée en 1993, et l’équipe du MICS l’a rencontrée en 2003 accompagnée d’un baleineau, une fois dans le secteur de Portneuf-sur-Mer et plusieurs fois dans celui de Matane.

Crinkle est une habituée de l’estuaire maritime et n’a jamais été photographiée le long de la côte nord du golfe ni autour de la péninsule gaspésienne. En 2000, elle avait passé tout un mois entre Pointe-au-Boisvert et Les Bergeronnes.