Des dos blancs, noirs, bleus, gris…

  • Un rorqual bleu en alimentation / A blue whale feeding © GREMM
    19 / 04 / 2017 Par Marie-Ève Muller - /

    Bélugas, rorquals bleus, rorquals à bosse, petit rorqual, trois espèces de phoques… la variété de mammifères marins vus au courant du dernier mois s’agrandit!

    Des souffles en Gaspésie

    L’aube du 18 avril fait briller quatre souffles au large de L’Anse-au-Griffon, situé sur la pointe de la Gaspésie. L’observateur identifie un rorqual bleu à deux milles marins de la côte, deux rorquals à bosse à trois milles marins et un autre souffle trop loin pour permettre de reconnaitre l’espèce.

    Une nageoire en l’air

    Au large de Godbout, durant de longues heures, deux rorquals bleus s’alimentent le 12 avril. Toute la semaine, nos observateurs de cette région nous les signalent. Le 13 avril, à l’aube, une observatrice a la surprise de voir un petit rorqual à soixante mètres de la rive.

    Puis, le 18 avril, non loin de l’embouchure de la rivière Godbout, quatre grands rorquals s’approchent très près des côtes, suffisamment pour qu’on puisse distinguer leur nageoire pectorale hors de l’eau. Ce n’est pas pour saluer les promeneurs sur la rive, mais bien s’alimenter que le rorqual bleu lève la nageoire. Il ouvre la bouche en roulant sur le côté, révélant alors sa gorge déployée, une nageoire pectorale et parfois même un lobe de queue.

    Une figure connue

    Un collaborateur nous envoie une photo d’un béluga prise le 11 avril, en avant-midi. Sa large cicatrice nous permet de la reconnaitre facilement : Yogi, une des doyennes des bélugas connus par les chercheurs, qui serait née autour de 1970. Yogi doit son nom à la cicatrice profonde en forme d’empreinte d’ours sur son pédoncule gauche. Elle a également une profonde cicatrice sur son côté droit, au milieu du flanc, et sa crête porte aussi quelques marques.

    Si habituellement on la voit en marge des autres bélugas, cette fois, Yogi a été vu dans un vaste troupeau. Notre observateur, installé sur le cap de Bon-Désir, raconte : « J’ai pu observer des bélugas sur une bande très large pendant plus d’une heure. Là, on ne parle plus d’une vingtaine, mais bien d’une centaine ».

    Ce même observateur découvre des milliers d’oiseaux et de canards. Fous de Bassan, grand héron, macreuses, bernaches cravants, eiders à duvet… La variété ravit les yeux.

    Puis, en l’espace d’une heure de contemplation, les trois espèces de phoques apparaissent : phoques du Groenland, phoques gris et phoques communs.

    Comme dans les villes et villages, les habitants sortent dans les rues profiter du soleil, les mammifères marins et les oiseaux, eux, retrouvent leur fleuve.

     

     


    Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM. Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques et des observateurs. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.