Des mesures pour réduire les collisions entre navires et baleines dans l’estuaire du Saint-Laurent

  • 13 / 06 / 2013 Par Christine Gilliet – Mots et Marées - / /

    Ralentir et contourner des aires d’alimentation des baleines fait partie des mesures à prendre cet été pour les navires sur une base volontaire. Chaque mortalité est à éviter pour les espèces en péril. La Garde côtière canadienne a publié un avis aux navigateurs. Ces mesures sont le fruit d’un travail effectué en synergie par des experts en transport maritime et en mammifères marins.

    Le gouvernement du Canada et l’industrie du transport maritime ont convenu de mettre en place des mesures volontaires à l’essai dans l’estuaire du Saint-Laurent du 1er juin au 31 octobre 2013 pour réduire les risques de collision des navires marchands et de croisière avec les baleines. Pendant cette période de l’année, un fort taux de fréquentation des baleines y est observé. Les navires circulant dans la voie maritime croisent des aires d’alimentation des cétacés qui peuvent surgir à tout moment, et les collisions provoquent parfois des mortalités. Ces mesures doivent être envisagées seulement quand la sécurité de la navigation n’est pas mise en cause.

    Contribuer au rétablissement

    Les baleines migratrices, notamment les rorquals communs, rorquals bleus et petits rorquals, viennent s’y alimenter pendant cette période. Pour les bélugas, qui résident à l’année dans le Saint-Laurent, l’estuaire est leur aire estivale. Compte tenu de la situation critique du rorqual bleu et du béluga, deux espèces en péril, la mort de quelques individus par collision chaque année représente une menace sérieuse à leur rétablissement. Ces deux espèces ont un statut de protection en vertu de la Loi sur les espèces en péril pour lequel des programmes de rétablissement existent. Les mesures mises en place pour la période estivale 2013 correspondent à des recommandations de ces programmes.

    Le secteur visé est compris entre la pointe à Boisvert située dans la municipalité de Longue-Rive et le cap de la Tête au Chien à Saint-Siméon. Ce secteur se trouve en majeure partie dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. Les mesures détaillées proposées sont décrites dans l’avis aux navigateurs du 31 mai 2013, publié par la Garde-Côtière canadienne. Elles prévoient une zone de ralentissement au-dessus des falaises sous-marines à la tête du chenal Laurentien (au large de Tadoussac), d’éviter de naviguer dans une zone côtière très utilisée par le rorqual bleu (en aval des Escoumins) et une zone de vigilance dans le reste du secteur.

    Volontés et expertises

    Le Groupe de travail sur le transport maritime et la protection des mammifères marins dans l’estuaire du Saint-Laurent (G2T3M) s’est formé au printemps 2011 afin de proposer des pistes de solution pour réduire les risques encourus par les mammifères marins dans l’estuaire du Saint-Laurent, tout en permettant les activités de la marine marchande sans en compromettre la sécurité. La principale force du groupe réside dans la somme d’expertise réunie, tant dans le domaine du transport maritime que sur les mammifères marins. Cela a permis de définir des mesures réalistes qui tiennent compte des contraintes pour une navigation sécuritaire et efficace et des informations scientifiques disponibles sur la répartition spatiale des baleines, en particulier l’identification d’aires d’alimentation connues.

    Les données obtenues durant la période d’essai aideront à évaluer les résultats et à préciser le scénario optimal à adopter par la suite.

    Le G2T3M, coprésidé par Pêches et océans Canada et l’Agence Parcs Canada, est composé de représentants des organismes suivants: Armateurs du Saint Laurent, la Corporation des pilotes du Bas-Saint-Laurent, la Fédération maritime du Canada, le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins, la Société de développement économique du Saint-Laurent, l’University of British Columbia et l’Université du Québec en Outaouais. La Garde côtière canadienne et Transports Canada y sont présents à titre de conseillers.

    Sources: G2T3M, Pêches et Océans Canada.

     

     

     

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