Baleine Magazine

23 août 2014

Projet de port pétrolier à Cacouna: un danger pour les bélugas

Par Véronik de la Chenelière | Enjeux


© GREMM Crédit photo : © GREMM

23 août 2014: Les travaux géotechniques vont de l'avant

L'autorisation a été délivrée par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC). Pour lire le communiqué de presse : Les bélugas sous haute surveillance lors des sondages géotechniques à Cacouna - TransCanada Pipelines devra se soumettre à des conditions sévères pendant les travaux

Dans les médias

17 juin 2014: Une société scientifique internationale exprime ses craintes au premier ministre Harper

La Society for Marine Mammalogy (SMM) est le plus grand regroupement professionnel du monde voué à l’étude des mammifères marins, avec environ 2000 membres provenant de 60 pays. Le 17 juin, la présidente de la SMM, le Dr Helene Marsh, alertée par WWF Canada, signait une lettre adressée au premier ministre Stephen Harper. Elle y présentait les grandes préoccupations que le projet de port pétrolier à Cacouna soulève pour le rétablissement et la survie des bélugas du Saint-Laurent.

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10 juin 2014: Le Comité de coordination du Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent: vivement préoccupé par le projet de port pétrolier à Cacouna

Cette instance est l’entité de gestion participative du parc marin, formée de représentants des régions limitrophes et provenant de divers secteurs d’activités. Le Comité a rédigé un avis qu'il a fait parvenir aux gouvernements fédéral et provincial, via les ministères concernés. Un communiqué de presse diffusé le 10 juin synthétisait les préoccupations quant aux enjeux environnementaux et socio-économiques soulevés par le projet de TransCanada. En voici un extrait: « La construction et la mise en service d’un port pétrolier dans un milieu aussi fragile qu’essentiel pour la survie de plusieurs espèces, dont le béluga du Saint-Laurent, sont très inquiétants. « Ça implique de multiples nouveaux risques, non seulement pour les bélugas, mais pour l’ensemble du secteur maritime de l’estuaire du Saint-Laurent, les îles et le parc marin lui-même. » explique le président du comité, M. Émilien Pelletier. Bien que le dérangement des mammifères marins soit au coeur des préoccupations du comité et des populations riveraines, le déversement des eaux de ballast et les accidents d’hydrocarbures, notamment en hiver, présentent des risques importants, moins connus, mais bien réels selon le comité. »

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16 et 23 mai 2014: Des organismes environnementaux s’adressent aux tribunaux pour assurer la protection des bélugas à Cacouna

Le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE), la Fondation David Suzuki, Nature Québec, la Société pour la Nature et les Parcs du Canada (SNAP) et la citoyenne France Dionne ont déposé le 16 mai une requête à la Cour supérieure du Québec pour mettre un frein aux travaux de forage prévus dans les prochains jours par l’entreprise TransCanada en plein cœur d’une pouponnière pour le béluga du Saint-Laurent, à Cacouna.

Le 23 mai, TransCanada s’est engagée devant la Cour supérieure du Québec à suspendre ses travaux de forages prévus dans les prochains jours, tant qu’elle n’aura pas obtenu de Québec les autorisations nécessaires. Alors qu’avant le dépôt de l’injonction, la compagnie annonçait qu’elle débuterait incessamment ses travaux de forage, elle a fait volte face la veille du procès et déposé des demandes d’autorisation auprès de Québec en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement et de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune.

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Sept points pour comprendre ce dossier complexe

  • Au large de Cacouna, dans une aire comprise dans l'habitat essentiel du béluga, TransCanada a procédé en avril à des activités géophysiques (sondages sismiques par ondes sonores) et a obtenu l'autorisation de Pêches et Océans Canada d'effectuer dès le printemps 2014 des activités géotechniques (forage).
  • TransCanada a procédé aux activités géophysiques dans le cadre d'un avis scientifique de Pêches et Océans Canada, qui a jugé que les travaux présentaient des risques majeurs pour les bélugas et a imposé des limites et conditions, dont celle d'arrêter les activités le 30 avril.
  • Pour la seconde phase de ces travaux d'acquisition d'information sur la nature des fonds marins, qui nécessiteront des forages au coeur de l'habitat des bélugas et occasionneront un bruit important, Pêches et Océans Canada a délivré une autorisation sans soumettre le projet à ses propres scientifiques pour qu'ils évaluent les risques. Selon des experts indépendants, étant donné l’évaluation des risques contenue dans l’avis scientifique de Pêches et Océans Canada pour les activités géophysiques, les scientifiques ne pourraient que conclure que les activités de forage en mai et juin ne peuvent être autorisées.
  • Les travaux se dérouleraient alors que les femelles terminent leur gestation et s'apprêtent à mettre bas. Le secteur de Cacouna est considéré comme une pouponnière pour le béluga du Saint-Laurent, qui connaît ces dernières années un déclin inexpliqué.
  • Le secteur de Cacouna est compris dans l'habitat essentiel du béluga du Saint-Laurent, identifié par l'équipe de rétablissement tel que prévu par la Loi sur les espèces en péril (LEP). L'habitat essentiel est l'habitat minimum nécessaire pour assurer le rétablissement d'une espèce en péril.
    • Le projet de port pétrolier (point rouge) est situé dans une aire de haute résidence (zone grisée) des bélugas du Saint-Laurent, comprise dans l'habitat essentiel de cette espèce en péril. (Cliquez sur la carte pour l'agrandir.)

  • Les bruits élevés dans l'habitat essentiel du béluga soulèvent plusieurs préoccupations: le bruit puissant amène le béluga à éviter l'habitat, qui ne peut alors remplir ses fonctions essentielles; en mai-juin, l'accès à la nourriture et aux habitats de qualité est primordial pour permettre aux femelles de compléter avec succès leur gestation; le bruit pourrait aussi affecter les poissons, sources de nourriture des bélugas. Ces préoccupations sont particulièrement vives dans le contexte de la fragilité actuelle de la population, qui a connu récemment trois années de mortalités inhabituelles de nouveau-nés et dont les femelles, depuis quelques années, meurent plus souvent au moment de donner naissance.
  • Trois experts indépendants ont demandé la semaine dernière à TransCanada et Pêches et Océans Canada d'annuler toutes les activités prévues dans la zone de Cacouna. Ils estiment que les risques sont réels et majeurs, et que ceux-ci ne peuvent être ramenés à des niveaux acceptables dans la perspective où ces activités sont évaluées à la pièce, sans tenir compte des impacts cumulatifs sur la population des bélugas. Ces impacts sont susceptibles d'accélérer le déclin de la population des bélugas du Saint-Laurent.

Pour comprendre les inquiétudes des experts:

Suivi dans les médias

Archives

24 avril

Demande de trois experts bélugas à TransCanada et Pêches et Océans Canada : annulation des activités géophysiques et géotechniques à Cacouna

Très inquiets des activités géophysiques et géotechniques que TransCanada est sur le point d’entreprendre au cours des prochains jours, au printemps et à l’été dans le secteur de Cacouna, trois scientifiques impliqués dans des programmes à long terme sur le béluga du Saint-Laurent interpellent TransCanada et Pêches et Océans Canada.

«Nous estimons que les risques associés [à ces activités] sont réels et majeurs, et qu’ils ne peuvent être ramenés à des niveaux acceptables dans la perspective où ces activités sont évaluées à la pièce, sans tenir compte des impacts cumulatifs sur la population des bélugas, écrivent-ils.»

Le béluga du Saint-Laurent est une espèce menacée, protégée par la Loi sur les espèces en péril (LEP), la population est en déclin, et des démarches sont en cours pour élever son statut à une catégorie de plus haut risque de disparition. De plus, le site visé par le projet de port pétrolier à Cacouna est au cœur de son habitat essentiel.

«Il nous apparaît irresponsable et peut-être illégal de soumettre ainsi une population protégée par la LEP à un tel niveau de risque, sans que le projet ait été préalablement évalué dans son ensemble.»

Les trois scientifiques demandent à TransCanada de suspendre immédiatement les sondages géophysiques. Ils demandent aussi à Pêches et Océans Canada de ne pas autoriser les activités géotechniques (forage) prévues en mai/juin par TransCanada.

Les travaux des auteurs de ces demandes s’étendent sur plus de 30 ans, et ont contribué à mieux comprendre cette population, à documenter son statut et à identifier les facteurs limitant son rétablissement. Leurs préoccupations s’appuient sur leur compréhension des activités géophysiques et géotechniques présentées par TransCanada, sur leur connaissance de la population de bélugas du Saint-Laurent et sur la vaste littérature scientifique établissant les risques indéniables pour les mammifères marins associés au type d’activités prévues ce printemps et cet été par TransCanada aux abords de Cacouna.

Les signataires de la lettre sont :

  • Robert Michaud, M. Sc.
    Président et directeur scientifique
    Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM)
  • Pierre Béland, Ph. D.
    Président
    Institut national d’écotoxicologie du Saint-Laurent (INESL)
  • Stéphane Lair, D.M.V., D.V.Sc., Diplomate, American College of Zoological Medicine
    Professeur titulaire
Directeur du Centre québécois sur la santé des animaux sauvages
Faculté de médecine vétérinaire 
Université de Montréal

Les lettres sont disponibles pour téléchargement :

28 novembre 2013

Alors qu'on apprenait récemment que la population de bélugas du Saint-Laurent est en déclin depuis une dizaine d'années, et que des taux de mortalités élevés touchent chroniquement les nouveau-nés et les femelles pendant la période de mise bas, TransCanada annonce son intention de construire un port pétrolier à Cacouna. Le projet est en lien avec celui de l'oléoduc qui transporterait le pétrole de l'Alberta vers le Québec. Les scientifiques s'inquiètent car le secteur est une pouponnière pour les bélugas. Il est à proximité du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent et dans une aire comprise dans le projet de Zone de protection marine de l'Estuaire. Or, le dérangement lié au bruit et au passage de navires est particulièrement préoccupant dans les secteurs fréquentés par les femelles et les jeunes. Il peut compromettre la mise bas ou séparer les mères des jeunes, qui sont dépendants de ce lien pendant environ deux ans.

Dans les médias:

  • TransCanada veut implanter un terminal maritime à Cacouna (12 novembre 2013, Radio Canada)
  • Terminal maritime: TransCanada choisit Cacouna (12 novembre 2013, Le Soleil, Marc Larouche)
  • Bas-Saint-Laurent - Un port pétrolier pour le brut albertain (25 novembre 2013, Le Devoir, Alexandre Shields)
  • Port pétrolier à Cacouna : inquiétudes pour les bélugas (25 novembre, Radio-Canada, Michel-Félix Tremblay)
  • Entrevue de Robert Michaud, GREMM, par Jacques Beauchamps, à Pas de midi sans info, Radio-Canada (Le lien vous amène sur la page de l'émission. Choisir la troisième partie de l'émission du 25 novembre 2013, et glisser le curseur à 21 min 42 sec)
  • Port pétrolier - Québec promet la prudence (26 novembre 2013, Le Devoir, Alexandre Shields)
  • Port pétrolier et bélugas : Pascal Bérubé est inquiet (26 novembre 2013, Le Devoir,Jean-Robert Sansfaçon)
  • Pipelines - Pétrole contre bélugas? (26 novembre 2013, Radio-Canada, Joane Bérubé)
  • Port pétrolier à Cacouna: les conséquence de l'indifférence du Québec (28 novembre 2013, Le Huffington Post, Patrick Nadeau)
  • St. Lawrence belugas threatened by pipeline plans (30 novembre 2013, CBC News)
  • La population se mobilise contre TransCanada (4 décembre 2013, Ensemble, Marie-Christine Aubin)

  • 6 commentaires

    1. Michel. imbeault

      ils faudrait pour commencer depoluer ça source c’est a dire les grand lac.Combien de produits chimiques contiennent il.

    2. Michel. imbeault

      il faudrait par commencer tout d’abord régler le problème a ça source c’est a dire les grands lac c’est la que le fleuve ST LAURENT s’alimente une grosse partie du problème serait régler au moins à 50%.

    3. Tom

      Mais c’est qui l’idiot qui a autorise ca!

    4. Diane Gagné

      Oui ce projet est révoltant pour les mammifères marins. Ces géants du pétrole feront de belles promesses mais il nous faudra les surveiller de très près si jamais ils gagnent leur cause.

    5. Claudia Girard

      Stop

    6. C.Jolicoeur

      Ce projet est révoltant pour les écosystèmes du St-Laurent et surtout pour les mammifères marins qui y vivent .. La population à son mot à dire je crois … Cette pollution .. ont en veut pas …

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