Astuces pour survivre au froid québécois

  • Pêche blanche à La Baie © Wikimedia Commons
    Pêche blanche à La Baie / Ice fishing at La Baie © Wikimedia Commons
    26 / 01 / 2017 Par Marie-Sophie Giroux

    Ce sont des centaines de garrots d’Islande qui prennent leur envol parmi les morceaux de glace au large du cap de Bon-Désir le 18 janvier. Ils ne sont pas seuls. La glace, qui se forme au large des rives gelées, est largement fréquentée par les phoques du Groenland et une centaine de bélugas tracent leur chemin dans ces eaux froides. Dans la baie de Tadoussac, une centaine de fuligules milouinans ont élu domicile. Des groupes de phoques du Groenland ont été aperçus au large de Sacré-Cœur au Saguenay, de Franquelin en Haute-Côte-Nord et de Trois-Pistoles au Bas-Saint-Laurent. Bélugas, phoques et gent ailée, comment réussissent-ils à ne pas geler?

    Les mammifères marins possèdent un épais manteau de gras, doublé d’une épaisse fourrure pour les phoques. La couche de gras des bélugas, par exemple, est d’une épaisseur variant de 2,5 à 9,5 cm. Dans les parties du corps non protégées par ce manteau, comme les nageoires des cétacés et les pattes des phoques, il existe un système d’échange de chaleur: la chaleur du sang des artères, qui se dirige vers les parties externes, est récupérée par le sang des veines pour retourner vers les parties internes.  Ce système à contre-courant permet de réguler la température corporelle. Les oiseaux, en plus de leur plumage isolant qui les protège du froid, possèdent eux aussi un système d’échange de chaleur pour minimiser les pertes au niveau des pattes. Certaines espèces possèdent en plus, dans la peau de leurs pattes, une protéine antigel qui leur évite de geler lorsqu’ils nagent et marchent sur la neige et la glace.

    Moins gâtés par la nature, les êtres humains s’emmitouflent chaudement pour profiter de l’hiver et de ses activités, telle la pêche blanche. Coutume héritée des Amérindiens, cette pêche se pratique dans plusieurs municipalités attenantes au fjord du Saguenay: L’Anse-Saint-Jean, Sainte-Rose-du-Nord, Saint-Fulgence, La Baie. Les cabanes multicolores, où les pêcheurs se protègent du froid, se multiplieront bientôt. La couche de glace sur l’eau doit être suffisamment épaisse pour permettre de s’y déplacer, d’installer un abri et d’y percer un trou. Pour le moment, les forts vents et le redoux ont retardé l’installation des villages sur le Saguenay, même si l’activité est ouverte depuis le 14 janvier. Quelles espèces sont recherchées par les pêcheurs? Des espèces de fond — la morue, la merluche, le sébaste et le flétan du Groenland —, ainsi que l’éperlan et la truite de mer.

    Sous la responsabilité de Pêches et Océans Canada, des suivis sont réalisés par les équipes de Parcs Canada, Parcs Québec et Promotion Saguenay, en collaboration avec les pêcheurs, pour gérer les ressources marines pêchées jusqu’à 150 m de profondeur. Le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs effectue aussi un suivi de pêche à l’éperlan sur le Saguenay.

    En savoir plus :
    Sur le site de Pêches et Océans Canada: Pêche récréative hivernale au poisson de fond dans le fjord du Saguenay